Seyda Mariama Niass était une maman universelle

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L’enseignement du coran et son exégèse sont intrinsèques à la famille NIASSE et s’inscrivent dans une fière tradition qui remonte à des siècles. 

Baye Niass RTA a toujours prié Allah SWT pour que le Coran soit son miracle. Tous ses enfants affichent ainsi une maitrise exceptionnelle du texte sacré. 

Contrairement à une opinion très répandue et conformément à une lettre de Baye Niass sur sa naissance, Cheikha Marième Ibrahim Niass RTA, affectueusement appelée « Yaye Boye Seyda » est née le 29 juillet 1932 à Kossi, le village où son père Baye Niass RTA fonda la Fayda Tidjaniyya. 

La nouvelle de la naissance de son enfant trouva Baye Niass en pleine déclamation de la sourate Maryam. Il demanda le sexe de l’enfant. On lui répondit que c’était une fille. Il affirma que ce n’était pas ce qu’on lui avait annoncé et que même si c’était une fille, elle n’en fera pas moins que les hommes. L’enfant portera le nom de Maryam.

 « Yaye Boye Seyda » commença l’apprentissage du coran à l’âge de 5 ans auprès du maitre coranique mauritanien Mouhamad Ould Rabbani. Elle mémorisa le texte sacré à l’âge de 15 ans. Très tôt, elle se distingua par son dynamisme et un attachement viscéral au coran.

Il est ici utile de faire remarquer que l’apprentissage du coran chez les femmes n’était que très peu répandu à cette époque. Baye Niass a mis un terme à cet état de fait en ouvrant grandement les portes des sciences islamiques et musulmanes aux femmes. Il réalisait ainsi un pas majeur en faveur de l’éducation des femmes.

En 1949, lorsque Baye Niass RTA l’emmena au pèlerinage à la Mecque et qu’elle se mit à réciter le coran autour de la Kaaba, elle attira la curiosité des pèlerins qui s’étonnèrent de voir une fille lire le coran, un fait peu coutumier à l’époque.

« Yaye Boye Seyda » commença à son tour à enseigner le coran dès 1950. Sa première école, elle l’ouvra dans sa propre chambre à l’avenue Malick Sy, où elle accueillait des enfants venus de partout. L’enseignement de qualité qu’elle dispensait ne tarda pas à faire le tour de Dakar auprès de toutes les couches sociales. Sa réputation finira par dépasser les frontières du Sénégal.  

A partir des années 1960, des élèves venus du Nigéria, du Ghana, du Togo, du Mali, de la Mauritanie arrivèrent en masse. La qualité de sa pédagogie et l’excellente maitrise de ses élèves avaient fini de lui faire un nom auprès des plus grandes sommités des Etats du monde arabe.

Elle reçut le soutien personnel du président sénégalais Abdou Diouf qui l’aida à moderniser et agrandir son école.

En 1989, Cheikha Marième Niass ouvrait la villa de Mermoz qui sert d’école coranique pour les internes.

Le complexe islamique El Hadji Ibrahima Niass ouvra ses portes durant l’année scolaire 1994-1995 avec un enseignement formel en français, avec l’arabe et le coran. 

En parallèle, un collège arabe a été ouvert avec des enseignants provenant de la Mauritanie et de l’Egypte grâce à une coopération.  

Sous sa houlette et ses talents d’éducatrice hors paire, l’école n’a cessé de grandir avec d’excellents résultats aux examens nationaux. Elle fixa des standards de qualité très hauts qu’elle tenait rigoureusement.

« Yaye Boye Seyda » était une personne pure avec une foi inébranlable en Allah SWT. 

Elle était totalement versée dans la spiritualité, dévouée à son seigneur et se détournait des biens matériels et de l’amour de la vie terrestre comme son homonyme, sa référence et son modèle Ya Maryam Bint Imran. Elle était un modèle de bonté, de générosité et d’hospitalité hors normes. Elle sut incarner des valeurs et des vertus exemplaires. 

Cheikha Marième était aussi un guide spirituel qui a propagé l’Islam et la Tariqa Tidjaniyya dans de nombreux pays et en toute discrétion.

Servante du coran, elle vivait, respirait et parlait son langage dans la vie de tous les jours. Elle est la confirmation et la démonstration du miracle coranique de son père Baye Niass RTA.

« Yaye Boye Seyda » était une maman universelle. Elle était la maman de ses frères et de sa sœur ; leur mère ayant quitté tôt ce bas monde. Elle était également une mère pour tout un chacun qui l’a côtoyé. Aujourd’hui, nous en sommes tous orphelins.

Nous rendons grâce à Allah SWT pour l’existence et l’œuvre de Cheikha Marième Ibrahim Niass RTA. 

Elle s’en est allée, laissant un grand vide dans nos vies.  Sa mission, celle de l’éducation des uns et des autres à la religion, aux vertus, au savoir, est une mission éternelle et sans fin. Nous prions qu’elle puisse continuer sous l’impulsion et le dynamisme de son fils et Khalife Ben Amar Kane.

La vie de Cheikha Marième Niass a commencé par le récit de la sourate Maryam par son père Baye Niass RTA et elle s’est achevée aussi par le récit de la même sourate Maryam par Hamid Niass, son élève et fils du Khalife actuel de Médina Baye, confirmant ainsi son statut incontestable de servante du coran.

Nous prions pour que le Coran illumine la tombe de Cheikha Marième Ibrahim Niass RTA et qu’elle soit accueillie au plus haut des paradis par le Prophète Mouhamad SAW ; tous les Prophètes AS ; tous les saints de Dieu ainsi que son homonyme, sa référence, son modèle Ya Maryam Bint Imran RTA.

Dors en paix « Yaye Boye Seyda », tu l’auras beaucoup mérité après une mission dûment remplie sur terre.

Et pour reprendre ce verset de la sourate Maryam que tu aimais tant : « Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. » (Sourate Maryam 19:33).

Par Zeynabou Kane, petite-fille de Seyda Mariama Niass

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