Syni l’exemple rare chez les femmes d’aujourd’hui

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Les jeunes filles de nos jours foulent aux pieds les mœurs et valeurs jadis connues dans les sociétés africaines en général et en particulier dans celle sénégalaise. L’on assiste à l’ère de la génération dite Y. Elles sont la plupart du temps collées à leurs portables, casques aux oreilles. Elles se soucient peu de leur avenir et se rebellent même parfois contre l’autorité parentale. Heureusement, il y a des exceptions. Certaines filles, conscientes que ce monde est éphémère, essaient d’incarner les valeurs qu’avaient nos vaillantes grand-mères et mères et qui font l’originalité de la culture sénégalaise ; Syni fait partie de ce lot ô que restreint.

Dès les premiers jours passés dans la nouvelle maison où ma famille et moi avons déménagé, le comportement d’une fille du voisinage a attiré mon attention. J’ai été ému par une ponctuelle routine. Les jours se multipliaient, les semaines se succédaient, les mois passaient et plusieurs années se sont écoulées. J’assistais toujours à la même scène, avec la même rigueur et la même détermination.

Chaque matin, Syni se lève à l’aube (entre 5 heures et 6 heures du matin), là où le sommeil est plus profond, plus aisé, plus confortable car caressé par la brise matinale. Il faut être vraiment motivé, responsable et soucieux pour quitter le lit à ces moments-là. Le balai à la main, elle nettoie toute la devanture de la maison des « Sall ». Syni est travailleuse, elle est vraiment travailleuse. Il me plait de la saluer quand je la dépasse, quand je pars ou reviens de la mosquée. Elle est toujours là, toute calme, s’activant dans le noir et dans la solitude. Elle est si calme qu’on eût cru d’elle qu’elle était muette. Seul son balai faisait bruit distinctif car même en répondant à mes «salaamaleks» elle avait une voix timidement aiguë.

Pourtant elle n’est pas la seule fille de sa famille, elles sont nombreuses dans la maison. Mais elle est la seule à effectuer cette tâche quotidienne, à une pareille heure. Sa fonction d’étudiante ne l’empêche guère de s’acquitter de ses tâches domestiques. Une de ses sœurs m’a confié qu’«elle est habituée au travail et qu’elle est pieuse». Jamais je ne l’ai vu s’habiller de manière incorrecte ou tenir des propos déplacés. En plus d’être travailleuse et pieuse, elle est aussi polie.

J’ai jugé nécessaire de lui rendre hommage à travers ma plume, en écrivant ces quelques lignes qui me viennent du fond du cœur. Car des jeunes filles comme elles, on les compte de nos jours sur le bout des doigts. Je l’encourage à continuer sur cette lancée. Par la même occasion, je rends hommage à toute jeune fille dont le comportement est salutaire, remarquable et peut être un exemple pour la femme africaine moderne.

N’est-ce pas là l’adage qui dit : «Dis-moi quelle jeunesse tu as, je te dirai quel pays tu seras.»

Coumba Ndoffène DIOUF

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