Soundiata KEITA le lion mandingue

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Soundiata Keïta (parfois orthographié Soundjata Keita, Sogolon Diata Keita) aussi appelé, selon la tradition orale, Mari Diata Konaté (et couronné sous le nom de Mari Diata Ier), né le 20 août 1190 à Niani au Royaume du Manding et mort en 1255, dans la rivière de Sankarani, dans l’empire du Mali, est un souverain mandingue de l’Afrique de l’Ouest, présenté par la tradition comme le fondateur de l’empire du Mali au XIIIe siècle. L’histoire de Soundiata est essentiellement connue à travers une épopée aux tonalités légendaires racontée de génération en génération jusqu’à nos jours par les griots.

Épopée

Il existe deux versions principales écrites de l’épopée datant de l’époque contemporaine. En 1960, l’historien africain Djibril Tamsir Niane met par écrit une version brève et retravaillée de l’épopée que le griot Mamadou Kouyaté (Soundjata ou l’épopée mandingue). Une version nettement plus ample est réalisée par l’ethnologue malien Youssou Tata Cissé qui consigne la version du griot Wa Kamissoko et la publie en 1988 (La Grande Geste du Mali). Cette épopée aux tonalités légendaires est « un mélange de souvenirs réels et de motifs de conte » ou autrement dit, « une construction littéraire qui évoque l’histoire locale parasitée par le thème universel du héros classique ». De façon générale, ce type de récits fondateurs relevant de la littérature orale (ou les textes écrits qui en dérivent) présente une fiabilité fragile car il n’a pas pour vocation première de décrire l’Histoire. En effet, ils témoignent avant tout des conceptions politiques et des revendications identitaires de ceux qui les profèrent au moment où ils les profèrent, dans un lieu et un cadre particuliers.

Origines familiales

Naré Maghann Konaté était un roi du Manding, un ancien royaume d’Afrique de l’Ouest (situé dans l’actuelle Guinée et au Mali). Il reçut un jour la visite d’un chasseur devin qui lui prédit qu’une femme laide et bossue lui donnerait un jour un fils qui deviendrait un grand roi. Naré Maghann Konaté était alors déjà marié à Sassouma Bereté et avait un fils, Dankaran Toumani Konaté, héritier du trône. Un jour, selon la prédiction faite quelques années plus tôt, deux frères Traoré, chasseurs venant du pays de Do, lui présentent une femme laide et bossue, Sogolon Kondé (Sogolon Kedjou ou Sogolon « la vilaine »), que le roi épouse.

Enfance et exil

Cette deuxième épouse donne naissance à un fils baptisé « Diata » ou « Djata ». L’additif « Sogolon » marque son appartenance matriarcale, dans le but de le distinguer de tout homonyme. Cet ajout est également le fait de son infirmité. En effet, la tradition orale rapporte que Soundiata est né paralysé et qu’il marcha à quatre pattes jusqu’à l’âge de sept ans. Or, selon les coutumes mandingues, si plusieurs enfants d’une même famille ont le même prénom ou qu’un enfant porte une caractéristique un peu spécifique (un handicap ou une réputation par exemple), ces enfants ajoutent le nom de leur mère à leur prénom. Le prénom de Sogolon Diata signifie ainsi « Diata, fils de mère Sogolon », dont le diminutif donne « Soundiata ». À la mort de Naré Maghann Konaté en 1218, son premier fils, Dankaran Toumani, prend le pouvoir malgré la volonté du roi défunt de respecter la prédiction. Soundiata et sa mère, laquelle avait entre-temps donné naissance à deux nouvelles filles et avait adopté le fils de la troisième femme de Naré Maghann Konaté, furent donc l’objet permanent du mépris du nouveau roi et de sa mère. Après que sa mère ait subi un nouvel affront, Soundiata, à l’âge de sept ans, réussit à se lever et recouvre miraculeusement l’usage de ses jambes lorsqu’il touche le bâton royal. Mais la haine de Dankaran Toumani et de Sassouma Bereté contraignent Soundiata, sa mère et ses sœurs à l’exil au royaume de Mema. Soumaoro Kanté, roi du Sosso, attaque ensuite le royaume du Manding. Dankaran Toumani, craignant pour sa vie, finit par fuir vers Kissidougou (en actuelle Guinée). Selon la tradition, Soumaoro mena une dizaine d’expéditions au cours desquelles il massacra onze des fils de Naré Maghann Konaté, sauf Soundiata.

Retour

Les habitants du Manding vont ensuite chercher Soundiata dans son exil et lui demandent de prendre son héritage soit : « Kien » (héritage) et « Ta » (prendre), qui est devenu « Kienta » (prends ton héritage) et par la suite « Keïta ». Le jeune prince devient rapidement très populaire auprès des Mandingues qui espèrent qu’il chassera un jour les envahisseurs du Sosso. Sa popularité croissante inquiète Soumaoro, le roi du Sosso, à qui des sorciers ont prédit : « Ton vainqueur naîtra au Mali ». Pour échapper à sa vengeance, Soundiata se réfugie chez un souverain voisin et ami, régnant au sud de son pays. Là, il attend le moment favorable pour libérer son royaume. Soundiata fut aguerri dès son plus jeune âge à la chasse, au tir à l’arc et fut mithridatisé. Il vécut pendant des années avec l’idée de se venger du massacre de sa famille. Un jour, un émissaire lui apprend la révolte des Mandé (ou mandingues) contre Soumaoro Kanté. Il rassemble ses guerriers (selon les traditions orales, il aurait organisé une armée composée de dix mille cavaliers et de cent mille fantassins), conquiert le Fouta-Djalon, et lance des attaques sur le Sosso. Sa sœur Nana Triban, que Soumaoro Kanté avait épousé de force, s’enfuit et, selon la légende, alla apprendre à son frère que « seule une flèche portant un ergot de coq blanc pourra tuer le roi du Sosso ». Soundiata fait le nécessaire avec le secours des magiciens attachés à son service. Rassemblant les forces de différents petits royaumes en lutte contre le Sosso, Soundiata Keïta forme une armée et réussit à vaincre l’armée de Soumaoro Kanté en 1235 à la bataille de Kirina. Son ennemi s’enfuit et finit par disparaître dans une montagne à Koulikoro.

Fondation de l’empire du Mali

Soundiata Keïta réunit tous les royaumes pour constituer l’empire du Mali. Il est proclamé « Mansa » ce qui signifie « roi des rois », et établit sa capitale à Niani, sa ville natale (aujourd’hui un village en Haute-Guinée). Lors de son intronisation, la confrérie des chausseurs du Mandé proclame la charte du Manden, qui abolirait l’esclavage et est considérée par certains historiens comme l’une des premières déclarations des droits de l’homme. Vers 1240, le roi Soundiata s’empare de Koumbi-Saleh, capitale de l’empire du Ghana, et détruit la ville. Il prend alors le titre d’empereur et envoie ses lieutenants conquérir le Bambouk. Soundiata est présenté comme un grand administrateur qui développe le commerce, l’exploitation de l’or et des cultures nouvelles (introduction du cotonnier). Il organise politiquement et administrativement les peuples soumis, en implantant une solide organisation militaire. Les chefs de ses armées sont installés comme gouverneurs de province. Soundiata, outre ses exploits guerriers, est connu pour sa sagesse. Sa tolérance permet la coexistence pacifique de l’islam et de l’animisme dans son empire.

Mort

Il existe plusieurs variantes dans l’épopée à propos de la mort de Soundiata. Selon une variante répandue rapportée par Djibril Tamsir Niane, Soundiata se noie dans la rivière Sankarani et est enterré à proximité du cours d’eau. Dans la version de Wa Kamissoko, Soundiata meurt de vieillesse dans son palais à Dakadjalan. Youssouf Tata Cissé rapporte également une autre variante répandue par des Peuls du Wassouloun selon laquelle le mansa aurait été abattu d’une flèche par un archer peul, un esclave aveugle. À sa mort, l’empire du Mali s’étend de l’Atlantique au Moyen Niger, et de la forêt au désert.

source: wikipédia

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