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« PROJET PEGASUS »Des experts demandent un moratoire sur les technologies de surveillance

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Un groupe d’experts nommés par l’Onu a appelé jeudi à un moratoire sur la vente de technologies de surveillance, mettant en garde contre le danger de permettre à ce secteur de fonctionner comme « une zone sans droits de l’homme ».Leur recommandation intervient à la suite du scandale du logiciel espion Pegasus, qui a visé des centaines de journalistes, de militants et d’hommes politiques. Les experts ont déclaré qu’en attendant la mise en place d’une réglementation solide sur l’utilisation des technologies de surveillance, et qui garantisse les droits de l’homme, les pays devraient imposer un moratoire mondial sur la vente et le transfert de ces outils « qui mettent des vies en danger ». « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que des outils intrusifs hautement sophistiqués sont utilisés pour surveiller, intimider et réduire au silence les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les opposants politiques », ont-ils affirmé dans un communiqué. « De telles pratiques violent les droits à la liberté d’expression, à la vie privée et à la liberté, mettent éventuellement en danger la vie de centaines de personnes et mettent en péril la liberté des médias », ont-ils ajouté.Les experts ont rappelé que ce n’était pas la première fois que la question était soulevée, citant un rapport de mai 2019 du rapporteur spécial de l’Onu sur la liberté d’opinion et d’expression de l’époque. Alors qu’il appelait également à un moratoire immédiat, ils ont précisé que la communauté internationale n’avait pas prêté attention.Le scandale Pegasus a éclaté en juillet lorsque l’organisation à but non lucratif Forbidden Stories et Amnesty International ont révélé la surveillance généralisée des appareils mobiles de centaines de journalistes, de défenseurs des droits humains et de dirigeants politiques.

La surveillance a été effectuée à l’aide du logiciel espion Pegasus, développé par le groupe Nso, une entreprise israélienne, qui a nié, sans convaincre, toute implication.Pressions sue Israël. « Compte tenu de l’audace et du mépris extraordinaires pour les droits de l’homme dont témoigne cette surveillance à grande échelle, si l’on veut que le déni de collusion du groupe Nso ait la moindre crédibilité, l’entreprise doit révéler si elle a ou non mené une véritable enquête préalable sur les droits de l’homme, conformément aux principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, et publier intégralement les conclusions de toute enquête interne qu’elle a pu mener sur cette question », ont fait valoir les experts.Ils ont également exhorté Israël à divulguer pleinement les mesures qu’il a prises pour examiner les transactions d’exportation du groupe Nso, soulignant « qu’il est du devoir des Etats de vérifier que des entreprises comme le groupe Nso ne vendent ou ne transfèrent pas de technologies à des Etats et des entités susceptibles de les utiliser pour violer les droits de l’homme, ou ne passent pas de contrats avec eux ».Les experts ont souligné qu’ils avaient à plusieurs reprises mis en garde contre le danger que représentent les technologies de surveillance pour les droits de l’homme. « Une fois de plus, nous exhortons la communauté internationale à élaborer un cadre réglementaire robuste pour prévenir, atténuer et réparer l’impact négatif des technologies de surveillance sur les droits de l’homme et, en attendant, à adopter un moratoire sur leur vente et leur transfert », ont-ils demandé.

Source : Libéonline

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