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vendredi, janvier 28, 2022
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Pr Mamadou Diop : “Au Sénégal, plus de 18% des femmes sont infectées par le virus hpv responsable du cancer du col de l’utérus”

Le cancer du col de l’utérus est au premier rang des cancers en termes de fréquence tout sexe confondu, selon Mamadou Diop, directeur de l’institut du cancer Joliot-Curie de l’Hôpital Aristide le Dantec, en entretien avec Louga infos.

En effet, seulement 1 à 2% des femmes infectées par le papillomavirus, principal vecteur du cancer du col de l’utérus, vont développer effectivement un cancer du col de l’utérus alors que près d’un quart de la population féminine sénégalaise est en contact direct avec le virus.

La situation est d’autant plus grave que les symptômes de cette pernicieuse affection ne sont pas visibles au stade précoce. La prévention doit donc reposer sur un dépistage régulier qui doit s’effectuer tous les trois ans pour les femmes âgées de 25 à 65 ans. D’où la nécessité d’une campagne de sensibilisation sur ce tueur silencieux.

Cette infection passe souvent inaperçue car le virus est éliminé chez la plupart des femmes sans avoir donné lieu à des symptômes particuliers. Cependant, certains types de papillomavirus s’installent de façon permanente au niveau du col de l’utérus. Ils peuvent alors transformer, de manière très lente, les cellules normales en cellules cancéreuses. C’est une maladie silencieuse qui ne s’accompagne pas de symptômes aux stades précoces. Les femmes âgées de 50 ans sont particulièrement touchées. Ces cancers restent relativement très rares avant 25 ans et ils deviennent plus fréquents dès la trentaine. Ainsi, 40% des femmes atteintes ont entre 35 et 54 ans. Au Sénégal, plus de 18% des femmes sont infectés par le papillomavirus (HPV). A défaut d’un programme national organisé de dépistage et à cause d’une consultation tardive, la mortalité est très élevée aux alentours de 70 %.

Le dépistage repose sur la pratique régulière d’un frottis qui, en prélevant des cellules du col, permet leur analyse au microscope. L’examen direct du col (colposcopie) permet également de mettre directement en évidence des lésions suspectes. Mais seule l’analyse au microscope de ces lésions prélevées permet d’affirmer le diagnostic en constatant la présence de cellules cancéreuses. On préconise un premier frottis vers 25 ans et, en l’absence d’anomalies, tous les 3 ans jusque 65 ans.

Dans nos conditions de ressources limitées, il est actuellement plus logique de mettre en place un programme de dépistage de qualité et de compléter la stratégie par les prochaines générations de vaccins dés qu’ils seront disponibles. Cependant, il faut noter que le reflexe de se faire dépister n’est pas encore ancré dans les esprits. C’est pourquoi il est nécessaire de mener une sensibilisation à grande échelle pour informer les femmes sur les dangers du cancer du col de l’utérus.

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