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Moussa Touré-Directeur de la monnaie et du crédit « Mon ambition pour Fimela »

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 Par Ndiogou CISSE

Monsieur TOURE, voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis le benjamin d’une fratrie de quatre garçons et deux filles, né il y a de cela 46 ans à Samba-Dia, un village à majorité mandingue en pays sérère, d’un père bambara agriculteur et d’une mère mandingue ménagère, tous deux analphabètes.

Economiste de formation, je suis actuellement Inspecteur principal du Trésor. J’ai occupé tour à tour les fonctions de Chef du Bureau des Etudes et de la Réglementation du Trésor, de Receveur-Percepteur de Dakar Plateau, de Trésorier Payeur régional de Tambacounda et de Trésorier Payeur régional de Kaolack avant d’être nommé, en septembre 2019, Directeur de la Monnaie et du Crédit par Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République que je remercie vivement pour la confiance qu’il a placée en ma modeste personne.

Membre de la Convergence des Cadres républicains (CCR) de Fatick j’ai naturellement fait de Samba-Dia, de mon terroir (Commune de Fimela), ma base politique et affective.

2- Pouvez-vous nous parler de votre jeunesse et de vos études ?

Comme tous les garçons de ma génération, j’ai été initié, dans les rues sablonneuses de Ndoffane (mon quartier), au football et à la lutte traditionnelle sérère. J’ai rallié, tout jeune, à dos de cheval ou à pied, les villages de Fimela, Djilor, Kobongoye, Baboucar Toumbou et Ndangane pour suivre des séances de lutte traditionnelle ou des matchs de football. J’ai gardé les chèvres et les moutons, surveillé les ânes et les chevaux de la famille. En compagnie de mes amis, nous avons conduit des troupeaux de vaches au pâturage. Jusqu’en 2000 (1ère année au PTCI), je continuais de cultiver les champs de mes parents.

Dès mon bas âge, j’ai embrassé, à Samba Dia, un véritable melting-pot paisible, les cultures sérère, ouolof, peul, bambara et diola. Jeune, j’ai dansé le kotéba avec notamment feu Bouba SY, une vertueuse du djembé ainsi que le nguel avec feu Mbaye Astine. Finalement, j’ai le sentiment d’être un métis culturel nourri aux vertus de mon « royaume d’enfance ». J’en rends grâce à Dieu car « Allah n’est pas obligé ».

Mes études, je les ai débutées à l’école élémentaire de Samba-Dia où j’ai réussi au CEFE (major de la jeune Région de Fatick) et à l’Entrée en Sixième en 1986 pour les terminer au Programme de Troisième Cycle Inter-Universitaire en Economie (PTCI) où j’ai obtenu en 2001 un DEA en macroéconomie appliquée, option Economie internationale. En 2001, j’étais admis à l’ENA de Dakar pour en sortir en 2003 comme inspecteur du Trésor, major d’une belle promotion qui compte aujourd’hui cinq (5) directeurs nationaux et quatre (4) directeurs régionaux. En tant que professionnel, j’ai suivi beaucoup de formations certifiantes. Je suis également titulaire du MBA in Banking and Finance du CESAG.

Ce parcours n’a pas été un long fleuve tranquille ; j’ai subi l’année blanche en 1988 et repris la classe de 1ère au lycée Coumba Ndoffène DIOUF de Fatick. Pendant mes trois (3) dernières années au CEM de Fimela, j’ai dû marcher 14 km par jour en compagnie de jeunes filles et garçons de mon village. Sans famille d’accueil à Fimela ou renonçant à celle-ci pour diverses raisons, nous passions nos journées à la gare routière et y partagions nos repas. Tonton Ablaye Gassama, « Chef du Garage » de Fimela, répondait aux convocations envoyées à nos parents pour divers motifs. Nos seuls moments de détente se passaient à la mission catholique gérée par Monsieur Léon à qui j’ai rendu visite récemment.

Fimela et Fatick ont eu raison de beaucoup de mes camarades, mais ils ont l’avantage de m’avoir forgé un état d’esprit qui a facilité mes combats. J’ai étalé ces échecs et souffrances pour rappeler à la jeunesse que « dur est le chemin » et qu’il faut toujours se relever. Mais dire aussi qu’il y a de bons produits locaux.

 Vous êtes cadre républicain, donc politique. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

A vrai dire, je crois que, intéressés que nous sommes par les affaires de la Cité, nous sommes tous politiques. Certains pour des considérations personnelles notamment de confort ne s’engagent pas et essayent de faire montre d’une neutralité alors que d’autres osent franchir le Rubicon. J’ai toujours été politique : Au lycée, j’ai failli devenir élève socialiste ; Au début de la première alternance, j’ai participé avec des amis à la campagne de sensibilisation en faveur du OUI au projet de constitution ; En 2007, j’ai failli prendre la carte du Rewmi, juste avant la fameuse rencontre au Palais entre Idrissa SECK et le Président Abdoulaye WADE ; En 2011, j’ai pris part, contre la volonté de mon épouse, aux manifestations notamment à la Place de l’Obélisque (j’en garde encore fièrement les souvenirs) ; En 2012, j’ai pris la carte de l’APR et intégré la CCR de Fatick.

Le choix de faire la politique pour SERVIR a retardé mon entrée en scène car je m’étais promis, bien avant de lire Dr Abdourahmane DIOUF, Ex-Rewmi et l’écrivain Fatou DIOME, de réussir à me prendre en charge d’abord. Comme eux, je défends que la liberté d’action et l’altruisme pour servir requièrent un niveau minimum de réalisation personnelle, qu’il faut exceller dans autre chose avant de vouloir servir la Nation, car « la vertu, en politique surtout, a besoin d’un minimum de confort ».

L’autre élément qui a différé l’affichage de mon engagement politique est professionnel : Comptable public de juillet 2010 à septembre 2019, j’ai travaillé pendant cette période, comme conseiller financier et Receveur municipal, avec beaucoup d’élus locaux à Dakar, Tambacounda et Kaolack. Toute appartenance politique affichée pourrait altérer la perception que ces acteurs de divers bords politiques auraient de mes observations et positions qui pouvaient, en application de la réglementation, être contraires à leurs options.

Je me suis lancé ouvertement en 2019 à la faveur du respect d’une promesse-engagement que j’ai faite en 2013 sur la page facebook, que je croyais officielle, du Président Macky SALL. Enthousiasmé par sa promesse de bitumer le tronçon Joal-Djiffère qui traverse mon village, j’ai écrit qu’il n’aurait pas besoin de venir battre campagne dans la localité pour sa réélection et que je mettrais les moyens pour ce faire. La promesse du Président Macky SALL a été plus que tenue car le tronçon Samba-Dia Fimela a été rajouté au projet initial et je suis descendu dans l’arène politique et ai mis les moyens matériels, humains et financiers (toutes ces informations sont vérifiables auprès du Coordonnateur départemental Monsieur Mbagnick NDIAYE que je salue au passage). La suite, on la connaît : les résultats à Samba-Dia et dans la commune, dont j’ai intégré à l’occasion le Comité électoral, ont été confortables.

En somme, je suis engagé en politique pour servir à un autre niveau car je sers déjà la Nation en tant que fonctionnaire cadre. « Servir avec humilité » et « mesurer exactement le champ de mes charges », sont le crédo de mon action politique.

En tant que pur produit de l’école et acteur engagé du mouvement « navétane ». Qu’avez-vous fait pour ces deux secteurs ?

Les populations de la localité répondraient, avec plus d’aisance, à cette question. L’école publique m’a donné le savoir, la qualification et le métier pendant que mes parents et la vie associative m’ont donné des valeurs et des repères.

Pour rendre à l’école la monnaie à sa pièce et étant convaincu que l’Education est le meilleur vecteur de promotion sociale, j’essaie d’appuyer les écoles primaires, les collèges et le Lycée ainsi que les amicales d’étudiants de la localité. Depuis 2016, les 19 écoles primaires publiques de la Commune de Fimela reçoivent des dotations en fournitures scolaires dans le cadre du « oubi tey jang tey » à l’occasion de l’ouverture des classes. De même, depuis 2017, les associations de parents d’élèves (APE) reçoivent des appuis pour l’organisation des examens et notamment la prise en charge des candidats venant des villages autres que celui de chef de centre.

Notre passage dans certains villages et les retours notés nous poussent à ne rien ménager pour continuer cette œuvre. A défaut de rétablir l’égalité des chances, nous travaillons à réduire les écarts, à conscientiser, aux fins de développement personnel, nos filles et fils, nièces et neveux, cousines et cousins, sœurs et frères de la localité.

De l’équipe de mon quartier à la sélection de mon village en passant par l’équipe de mon école (UASSU) et par les navétanes pendant 13 ans à Xandalu et à Koma, j’ai vécu intensément le plaisir de jouer au football. En organisant sur fonds propres un tournoi de football en 2014, je voulais juste renouer avec la jeunesse et lui offrir le plaisir du jeu qui est aussi une occasion de fraternisation. Au fil des ans, ce tournoi, devenu Tournoi Moussa TOURE (TMT), a pris de l’ampleur au point d’être inscrit dans l’agenda footballistique de la localité, car ayant toujours concerné au moins huit (08) villages. C’est l’occasion pour moi de remercier les autorités administratives pour l’encadrement et la sécurité et la Zone 11 de Samba-DIA pour l’implication.

Au-delà d’avoir pratiqué le foot, j’ai occupé pendant de longues années des fonctions de dirigeants d’associations sportives et culturelles (SG de l’ASC Koma et Président de l’ASC Faboura).

Les femmes du monde rural ont besoin d’accompagnement pour sortir de la pauvreté. Celles de votre terroir vous sentent-elles à leurs côtés ?

Comme ma propre mère il y’a quelques années, aujourd’hui encore je vois des milliers de femmes se s’activer dans les rizières, le maraichage et le petit commerce, pour subvenir aux besoins de leurs enfants. A travers les tontines, les calebasses et les tours elles font preuve d’ingéniosité pour créer de l’épargne. Plusieurs études ont démontré la significative contribution des femmes à la création de richesse et à la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. En ville ou à la campagne, les femmes sont omniprésentes dans la vie économique et sociale et notamment dans l’économie informelle.

C’est donc naturellement et objectivement que je place la femme au centre de ma vision du développement local. A ce titre, j’ai financé la formalisation de douze (12) groupements de femmes et leur créant des GIE et en initiant des démarches pour leur trouver des financements préférentiels. J’ai également apporté des appuis financiers et des formations sur la gestion de projet à plusieurs groupements.

Toute politique de développement doit tailler, à côté des femmes, une part belle à la jeunesse qui représente 65% de la population. La politique locale en matière notamment d’éducation, de sport et de culture doit être pensée de concert avec les jeunes d’où la pertinence d’avoir un Conseil communal de la Jeunesse fonctionnel et engagé.

Telles sont les raisons pour lesquelles, je magnifie les initiatives de Son Excellence Macky SALL en matière de formation professionnelle, de financement et d’accompagnement des jeunes et des femmes à travers la mise en place de plusieurs structures dont notamment la 3FPT et la Délégation à l’Entreprenariat Rapide pour les Femmes et les Jeunes (DER/FJ). L’option discriminatoire en faveur de ces deux couches pour un développement inclusif est très louable quoique la perception populaire des réalisations soit en deçà des attentes.

Compte tenu de vos nombreuses actions et de votre proximité avec les populations, auriez-vous des ambitions locales ?

Franchement et en toute responsabilité, je dois à la vérité de répondre par un grand OUI. Oui, j’ai l’ambition de servir ma localité et cette ambition m’amène à rêver d’un grand Fimela, d’un Fimela où le Commun vouloir de vie commune est une réalité, d’un Fimela commune de référence par la gestion participative, inclusive et transparente, bref d’un Fimela émergent à tout point de vue. J’ai toujours dit que « le bien-être des populations vaut tous les sacrifices ».

Son Excellence Monsieur Macky SALL, en tant qu’ancien maire et ayant compris que le développement est d’abord local, a bien pris en compte cette dimension dans le Plan Sénégal Emergent dont le Pilier-3 de la stratégie décennale 2014-2023, intitulée « Gouvernance, Institutions, Paix et Sécurité », met le focus sur le Développement local ainsi que la Décentralisation et la Territorialisation des politiques publiques. Dans la même logique, le Président Macky SALL a, à travers la loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales, pris l’Acte 3 de la Décentralisation qui a mis les collectivités territoriales à égale dignité.

Les transferts financiers aux collectivités territoriales ont, avec le Président Macky SALL, été considérablement renforcés avec notamment une augmentation substantielle du Fonds de Dotation à la Décentralisation et du Fonds d’Equipement ainsi que l’avènement des Contributions Economiques Locales (CEL/VL et CEL/VA). Par ailleurs, l’Etat a mis en place de nombreux programmes (PUDC, PROMOVILLE, etc.) pour désenclaver et offrir les services sociaux de base aux localités.

Son Excellence, le Président Macky SALL a beaucoup fait pour le développement à la base mais le bât blesse, à mon humble avis, au niveau du leadership local. J’ai suivi lors d’une de ses rencontres avec l’Association des Elus locaux, Son Excellence déplorer leur gestion notamment en matière foncière d’où la nécessité d’une forte implication des compétences au niveau local.

J’ai un très grand respect pour les ouvriers de la 1ère heure, et je le dis partout, mais se passer systématiquement des services des ouvriers des 2ème, 3ème, …, et 24ème heure pourrait faire rater de belles opportunités.

 Il faut donc un changement à Fimela ?

Je suis de Fimela, j’y suis tous les week-ends et, sans hésiter, je dis que les populations aspirent au changement. Mon frère, Monsieur le Maire, qui a le mérite d’être un ouvrier de la première heure et qui clame partout sa proximité avec le Président de la République, bouclera bientôt ses treize (13) ans à la tête de la collectivité territoriale devenue commune en 2014. Aux regards des énormes potentialités de la commune, je suis persuadé qu’une autre manière de gérer ferait de Fimela une des communes phares du Sénégal. J’ai personnellement essayé de l’accompagner, en idées et en moyens, à partir de la communalisation mais, chemin faisant, j’ai compris que la mayonnaise ne prendra pas. Dans la foulée, j’ai eu la courtoisie, peut-être à tort politiquement, de l’appeler pour lui faire part, avec tout le respect qui sied, de mon intention de postuler, Inch Allah, aux prochaines élections locales. Ce faisant, j’avais et j’ai toujours l’intime conviction que je ferais mieux.

Les paradigmes ont changé et la conscience et l’éveil citoyens ne tolèrent plus certains écarts de gestion. La chasse aux profils, comme il se fait dans le privé, doit devenir une constante dans la gestion publique. Conséquemment, la mise à l’épreuve de tous les ouvriers est aujourd’hui indispensable pour la survie du Parti au bénéfice de la Patrie.

Pour terminer, je voudrais réaffirmer mon soutien à l’action de SEM Macky SALL, Président de la République du Sénégal, mon ancrage dans la CCR et ma ferme volonté d’œuvrer pour le bien-être des populations de Fimela et de la nation sénégalaise.


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