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vendredi, janvier 28, 2022
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GAMBIE : ÉNIÈME PROCRASTINATION DE LA REMISE DU RAPPORT SUR LES CRIMES PRÉSUMÉS DE L’EX-CHEF D’ETAT JAMMEH

La présentation du rapport de la Commission vérité, réconciliation et réparation (TRRC) prévue aujourd’hui, jeudi 30 septembre, est reportée jusqu’à une date ultérieure, rapporte la TRRC. La cérémonie, qui devait se dérouler depuis juillet, est procrastinée pour la deuxième fois. Les officiels avaient brandi comme excuse l’ampleur du document qui comporte seize (16) volumes. Cette fois-ci, une source interne anonyme a confié aux confrères de l’Afp qu’ils ne sont pas encore prêts.

La TRRC, établie en 2017, est chargée d’enquêter sur les crimes présumés pendant le régime du prédécesseur d’Adama Barrow, Yahya Jammeh, entre 1994 et 2017.

« Depuis le début des auditions en janvier 2019, 392 témoins ont été auditionnés (…). Le rapport de la Commission va refléter certainement les témoignages recueillis lors des auditions publiques au cours desquelles les victimes et d’anciens responsables ont accusé Jammeh de meurtre, de tortures, de massacres d’environ 59 migrants ouest-africains dont plusieurs sénégalais. On a relaté également une campagne de chasse aux sorcières au cours de laquelle des centaines de personnes ont été placées en détention arbitraire. Selon ces témoignages également, Yahya Jammeh aurait agressé sexuellement des femmes », déclare l’avocat Reed Brody de l’Organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

L’avocat, militant des droits de l’Homme, soutient qu’avec de tels éléments, justice doit être rendue aux victimes quel que soit le contexte politique actuel. « Aucune alliance ne pourra faire échapper Jammeh à la justice », déclare-t-il, suite à l’annonce faite en début septembre de l’union entre les partis de Barrow et Jammeh, à l’occasion des présidentielles à venir. Des organisations de défense des droits humains et la société civile se sont jointes à cette idée. Le Centre gambien pour les victimes de violations des droits de l’Homme y voit une « menace pour l’application par le gouvernement des recommandations de la TRRC » et accuse le président Barrow « d’abandonner les citoyens gambiens éplorés pour retourner dans les bras de ce tyran meurtrier et violeur ».

Au sortir du rapport final de la commission d’enquête, les auteurs de violations des droits humains ayant exprimé des regrets et décidant de coopérer peuvent être amnistiés ; à moins qu’il ne s’agissent de crimes contre l’humanité. Toutefois, il n’est pas certain que Jammeh puisse bénéficier de cette faveur en cas d’inculpation. « Le nouveau procureur de la Cour pénale internationale a déclaré publiquement que justice doit être rendue pour les crimes commis sous l’ère Yahya Jammeh », rappelle Reed Brody. Il ajoute que les gouvernements ont l’obligation légale d’enquêter sur les crimes contre l’humanité. Une amnistie n’enlèvera ce droit ni au Sénégal, qui a perdu beaucoup de ses concitoyens, ni au Ghana qui en a perdu quarante-quatre (44).

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