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mercredi, juin 29, 2022
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CHRONIQUE DE MAME GOR NGOM : C’est bien plus qu’une victoire sportive…

La Coupe d’Afrique des Nations (Can) « C’est bien plus qu’un jeu », pour reprendre le titre du  livre de notre  défunt compatriote Pape Diouf. Emporté par la Covid-19, le 31 mars 2021, l’ancien président du mythique club de l’Olympique de Marseille serait aux anges s’il avait assisté au sacre des Lions au Cameroun.  Cet amoureux du football africain, défenseur du foot sénégalais fait partie des premiers à croire aux talents des jeunes du continent et de son pays. Il a beaucoup participé à les décomplexer et à leur épanouissement. Plus que des qualités techniques, l’ancien journaliste  mettait en exergue d’autres critères tout aussi importants comme une bonne éducation que procurent des études et une expérience solide de la vie. De là-haut, il sourit sans doute, satisfait de voir que le Sénégal est enfin sacré après une si longue attente. Les artisans de cette victoire finale sont plus que des joueurs. Ils ont du caractère, du cœur, du bagout.  Aliou Cissé leur entraîneur dégage une forte personnalité connue des Sénégalais alors qu’il était le capitaine d’une équipe qui a mené des combats épiques. Même si  lui et ses coéquipiers n’ont rien gagné, ils ont donné au peuple beaucoup de plaisir, ont fait rêver et irrigué la passion qui est restée toujours vive en dépit des échecs qui ont suivi les belles aventures de 2002 en coupe d’Afrique malienne et au mondial nippo-coréen. C’est en toute logique donc si Cissé a marqué de son empreinte cette génération et a su résister contre vents et marées face aux  attaques injustifiées mais a su utiliser à bon escient les critiques légitimes pour parvenir à ses fins. Un vrai leader dans l’âme comme Sadio Mané qui, de par ses prouesses, ses coups d’éclat sur le terrain, a été un acteur décisif tout au long de la compétition. Il y a l’artiste du ballon rond, star planétaire qui évolue dans le  championnat le plus relevé du monde, dans l’un des meilleurs clubs. Mais il y a surtout, l’homme Mané, l’enfant de Bambaly, la générosité, l’humanisme et la foi en bandoulière. Une force inépuisable, véritable locomotive d’une bande de guerriers redoutables. Son comportement lors de la finale du 6 février 2022 contre l’Égypte, résume si bien l’homme. Bravoure, courage, résilience, moral de fer, triomphe modeste. 

Quelle modestie Kalidou Koulibaly ! Capitaine- courage, effacé et efficace. Il n’a certes pas brillé de mille feux tout au long du tournoi, diminué par le coronavirus qui l’a privé de premiers matchs mais son apport a été on ne peut plus important. L’expérience du rock de Naples a beaucoup pesé sur la balance. La tête sur de larges épaules, il a montré le chemin à suivre en marquant non sans une sérénité déconcertante le premier tir d’une série de pénaltys éprouvante en finale. Bamba Dieng ne pouvait que suivre son grand-frère. Imperméable à toute pression, le chouchou de l’OM, l’a fait. A 21 ans, il garantit des perspectives rayonnantes. Audace et assurance. L’espoir est permis. 

Abou Diallo, Nampalys et les autres

Abdou Diallo a été meneur d’hommes. Né et ayant grandi en France,  il a pris la responsabilité de “venir vers” la patrie de ses parents, de la découvrir et de l’aimer profondément. Le   joueur du PSG  est tombé sous le charme de l’hospitalité sénégalaise. Il a montré sur les terrains camerounais un engagement qui impose le respect. Abdou Lahat est plus qu’un joueur. Il écrit et enseigne. Son livre “Le coup d’envoi de nos rêves”, met une lumière sur l’homme qui aurait bien pu avoir des ambitions légitimes  en équipe de France chez les Bleus. Il a préféré les Lions, lui le prince célébré au  Parc des Princes en compagnie de Idrissa Gana Gueye qui l’a aidé à y voir plus clair quand l’heure du choix a sonné. Gana est géant. Il connaît bien la tanière. 

L’homme Doudou  a été à l’origine du joueur, meilleur gardien du monde Édouard Mendy. De zéro, il est aujourd’hui héros de toute une nation et de son club de Chelsea. Si en l’espace d’une semaine, il a soulevé respectivement la coupe d’Afrique et la coupe du monde des clubs, c’est parce que dans des moments d’incertitudes, il a su se surpasser pour ne pas sombrer. Si un talent est porté par un homme responsable, conscient de sa mission, il peut se démultiplier. Nampalys, Bouna Sarr, Ismaïla Sarr, Cheikhou Kouyaté, Saliou Ciss, Pape Abdou Cissé, Seny Dieng, Pape Gueye, Keïta Baldé, Boulaye Dia, Moustapha Nam, Fodé Ballo Touré, Famara Diédhiou, Joseph Lopy, Mame Baba Thiam, Habib Diallo, Pape Matar Sarr, Loum Ndiaye, Alfred Gomis, Abdoulaye Seck, Ibrahima Mbaye, Abdoulaye Seck. Ces hommes par qui la consécration est arrivée, ont chacun d’entre eux fait montre d’une grande classe si déterminante. Même le banc, les remplaçants ont apporté des pierres précieuses à l’édification d’une victoire que beaucoup voyaient venir. 

Il y a donc les talents, les valeurs intrinsèques mais aussi une certaine rigueur dans l’organisation et la prise en charge des acteurs même si les nombreux cas de Covid-19 laissaient apparaître des signes de manque de sérieux. C’est en cela que la Fédération sénégalaise de football (Fsf) sous la tutelle d’un ministère des Sports d’un gouvernement engagé, mérite des félicitations. Oui, le football est plus qu’un simple jeu. Notre  victoire, est plus qu’une victoire sportive.

Le public et  le douzième Gaïndé y ont cru et ont  presque exigé la coupe. Cette fois-ci, la somme des compétences, la mobilisation, l’harmonie ont  eu raison de nos turpitudes qui nous suivaient depuis 1986 au Caire. 

MAME GOR NGOM

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