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jeudi, décembre 2, 2021
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Burkina Faso : Le procès de Sankara officiellement ouvert

Trente-quatre (34) ans après l’assassinat du président Thomas Sankara, le Burkina Faso décide de lui rendre justice. Le procès a été officiellement ouvert ce lundi pour éclairer sur les évènements du 15 octobre 1987. Sur le banc des accusés, Blaise Compaoré et ses treize (13) complices présumés.

Vu le statut spécial des concernés, militaires à l’époque des faits, le procès va être mené par une juridiction d’exception : le tribunal militaire de Ouagadougou. Les avocats du président Compaoré, actuellement en exil en Côte d’Ivoire, dénoncent une telle démarche et parlent d’un “procès politique”.

Au cours de l’instruction, plus de soixante témoins susceptibles d’être appelés à la barre ont déjà été entendu. Les quatorze (14) accusés devront également donné leurs versions des faits. Cependant, l’ex-chef d’Etat déchu, Compaoré et Hyacinthe Kafando qui aurait été aux manettes du commando qui a tué Sankara et ses douze (12) collaborateurs seront jugés par contumace. Kafando a disparu des radars depuis 2015. L’avocat de la famille du “père de la révolution”, Stanislas Benewendé Sankara considère que ce comportement conforte sur leur culpabilité.

Les familles des victimes et des membres de la société civile doutent néanmoins que toute la vérité soit rétablie. Paul Zaïda, coordonnateur national du Cadre d’expression démocratique déclare : « un tribunal d’exception obéit à des ordres et à la hiérarchie. Nous savons qu’il y a le commandement, mais il y a aussi le président du Faso, qui est le chef suprême des armées. C’est vrai qu’il ne va pas être présent pendant le procès, mais je pense qu’il aura des orientations à donner. Donc, ça me paraît très difficile qu’il y ait la vérité par rapport à ce dossier Thomas Sankara ». D’autre part, le réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique craint que la responsabilité de personnalités étrangères ne puisse être établie. L’organisation avance qu’il y a des possibilité que le procès soit « amputé du volet international ».

Thomas Sankara, arrivé au pouvoir afin de « décoloniser les mentalités » tel il le disait, gênait beaucoup de ses paires africains comme occidentaux de par sa politique sociale et conservatrice des valeurs burkinaises. C’est pourquoi la complicité extérieure de la France, des Etats-Unis et des pays ouest-africains tels que la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët Boigny et le Togo de Gnassingbé Eyadema est soulevée dans cette affaire.

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