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Analyse de la situation politico-sociale du Sénégal par une jeune citoyenne sénégalaise

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Le Sénégal, notre très chère nation vit des périodes sombres et déplorables ces temps-ci. Une nation qui a toujours servi d’exemple sur le plan démocratique, toujours porté haut le logo de la Paix, toujours promu la solidarité et le vivre ensemble s’est vue tombée dans un gouffre. Ainsi, de nombreuses interrogations bouillonnent dans l’esprit de tout citoyen conscient même étant jeune. Oui, diverses questions nous taraudent ! Même si nous n’aurons pas des réponses justes correspondant à nos questions, il n’est pas interdit de cogiter et de s’interroger. Il faut être très obtus pour penser que la jeunesse sénégalaise dans toute sa globalité ne se préoccupe pas des questions essentielles relatives au bien être social, à la politique et à l’économie de sa nation. Cette jeunesse, malgré les tentatives essayées par certains à travers différents moyens pour la détourner de l’essentiel a les yeux braqués vers le capital. Force est d’accepter que l’avenir du Sénégal repose sur les épaules de la jeunesse car elle est la frange majoritaire. Il est temps de prêter des oreilles attentives à la jeunesse. Les vœux de la jeunesse ne peuvent être exprimés que par les jeunes. Nous avons des problèmes mais nous en avons aussi, des solutions, si nous sommes écoutés. La situation actuelle du pays nôtre est très alarmante. Donnez-nous la parole et la confiance, nous allons résoudre ces problèmes ensemble. Sinon, la parole sera arrachée car la liberté d’expression est un droit fondamental. Il faut définir la jeunesse comme un champ d’espoir, une clarté prometteuse, une force consciente pouvant aussi être tranquille. Si elle se définit ainsi, elle sera mieux considérée. Sous les auspices de la jeunesse, cette nation sénégalaise peut être meilleure. Cette malheureuse situation a laissé tomber toutes les masques et a fait défiler des images qui ont tinté telle une sonnette d’alarme. Sous ce rapport, il est cohérent et utile d’asseoir une analyse approfondie de cette situation en élucidant ses causes, ses conséquences afin d’envisager des solutions appropriées. Nous ferons cette analyse avec une probité intellectuelle, une impartialité politique. Nous ne prenons parti que pour l’intérêt général qui est un arbre ayant la démocratie, la Justice, l’État de droit, la bonne gouvernance, le développement, la Paix comme racines.

D’abord, les facteurs de cette situation politico-sociale de notre pays sont diverses et remarquables. Premièrement, la population sénégalaise est submergée par un sentiment de révolte. Parce qu’ayant longtemps adopté la résignation face à de dures et pénibles situations. Des malheurs et des doléances longtemps enfouis dans le drap du silence ont éclaté et ont apparu en plein jour. La population sénégalaise a vécu une psychose écrasante due à la pandémie de la Covid-19. L’angoisse s’est installée chez la population. Les conditions de vie sont difficiles. Des solutions ont étés envisagées par l’État mais elles n’ont pas abouti à grand-chose. 

    Deuxièmement, la communication concernant la pandémie de la Covid-19 n’est pas bien véhiculée. Les choses n’étaient pas claires aux yeux de la majorité de la population. Du coup, la population n’avait pas confiance à l’État. Et aussi, certaines mesures prises ne sont pas adaptées à notre société. Par exemple, le couvre feu de 21 heures à 06 heures du matin a été un handicap pour un bon nombre de chefs de famille, sachant que les moyens de locomotion sont insuffisantes pour assurer le déplacement de tous les travailleurs alors que la plupart d’eux se meuvent vers la ville pour bosser, la plupart d’eux sont dans le secteur informel donc n’ayant pas une assurance financière pour résister aux caprices de la pandémie. Certains ne pouvaient plus mener à bien leurs boulots à l’instar de ceux qui travaillent la nuit : les propriétaires des restaurants ou fast food…. Certains ont même des difficultés pour joindre les deux bouts.

   Troisièmement, certains n’arrivent pas  à assouvir leurs besoins primaires. Beaucoup de gens parmi nous peinent à manger à leur faim, à avoir un toit où dormir. Ce qui montre la précarité sociale que vivent certains sénégalais. Donc l’insatisfaction des besoins de première nécessité est un problème de la population. Les denrées alimentaires s’achètent à des prix élevés. La promiscuité existe dans plusieurs concessions familiales car l’espace pour supporter tous les membres de la famille fait défaut. Imaginons une mère de famille qui n’a pas de quoi nourrir ces petits bouts de bois de Dieu ni où les loger. Et c’est une dure situation que certains de nos concitoyens font face quotidiennement. Il y a le coût élevé de l’électricité et de l’approvisionnement en eau potable qui est récurrent. Certaines populations du fin fond du Sénégal même n’en ont pas encore.

    Quatrièmement, le chômage des jeunes demeure un souci. Le travail qui permet à l’individu de subvenir à ses besoins dans la dignité est difficile à trouver. Les jeunes diplômés qui rêvaient de pouvoir travailler après la fin des études voient leurs rêves se transformer en cauchemars. Certains qui tentent d’entreprendre afin d’être autonome, de créer des emplois et de servir le pays ne bénéficient pas de soutiens pour propulser leurs projets. Un jeune espoir de ses parents qui chôme est dans le joug ainsi que ses parents désespérés après avoir financé ses études dans le but de lui préparer son avenir. Le chômage est le facteur principal de l’immigration clandestine pratiquée par certains jeunes à la recherche de meilleures conditions de vie. Et la plupart d’entre eux perdent leurs vies en mer. D’autres s’adonnent à la délinquance pour survivre.

  Cinquièmement, dans les domaines de l’éducation et de la santé, des problèmes y sévissent. L’école sénégalaise assiste aux grèves répétitives des enseignants à cause des sommes dues par l’État et qui leurs reviennent de droit. Ceci n’arrange en rien les apprenants ; les cours qu’ils ratent ne font qu’accroître la baisse de niveau chez eux. De plus, les étudiants sont confrontés à des problèmes dus aux difficiles conditions d’apprentissage à l’université ; le retard du paiement des bourses, l’insuffisance des logements etc. Dans le domaine de la santé, les structures sanitaires ne sont pas suffisantes pour satisfaire la demande de tous les patients, il n y a pas assez d’agents dans le personnel soignant, un manque criard d’équipements sanitaires dans les hôpitaux est noté. La majorité de la population n’ont pas accès aux services sanitaires.

   Sixièmement, la population sénégalaise ont peur de voir la démocratie violée. La démocratie est une forme de gouvernement dans laquelle la souveraineté appartient au peuple. Le peuple a voulu vivifier et protéger cette démocratie qui favorise la liberté d’expression, le gouvernement par le peuple et pour le peuple et une politique saine et juste de la part de l’État. Elle donne au peuple le droit de dénoncer l’injustice et donner son opinion sur toute chose le concernant. Donc l’arrestation de l’opposant Ousmane SONKO n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase mais n’est pas l’unique facteur de cette situation récente.

En somme, la situation politico-sociale a comme principaux facteurs le sentiment de révolte éprouvé par la population, les conditions de vie difficiles, la dénonciation du couvre feu inadapté à la situation sociale du pays, du chômage des jeunes, des différents problèmes dans les domaines de la santé et de l’éducation et la volonté de protéger et de revigorer la démocratie. Néanmoins, ces émeutes ont aussi émis des conséquences qui méritent d’être étudiées.

En premier lieu, des pertes en vie humaine et des blessés ont été enregistrés à cause de la violence. Les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants ont engendré des morts dans tous les deux camps. Certains ont été blessés. Par exemple, certains ont perdu la vie suite aux tirs de balles, d’autres ont été blessés par des grenades lacrymogènes. Un policier a été brûlé vif par des manifestants, un autre a été blessé par une grenade.

En second lieu, des biens publics ont été détruits. Pendant la révolte, certains manifestants ont ravagé des propriétés publiques pour manifester leur colère, ce qui est négatif car il retarde le développement de notre pays. De plus, ces biens nous appartiennent nous servent et nous en auront toujours besoin ainsi que les générations futures. Ils sont acquis grâce à l’argent du contribuable sénégalais et seront réparés avec cet même argent. Ces actes relèvent de l’inconscience, nous pouvons manifester sans abîmer nos biens publics. Ils auront un impact négatif sur l’économie nationale. Par exemple, les institutions publiques détruites comme les centres d’états civils pèseront lourd sur nous, les moyens de transports abimés nous porteront préjudice. 

En troisième lieu, des biens privés ont été saccagés. Des gens malintentionnés en ont profité sans scrupule pour commettre ces abjections que rien ne justifie. Cela permet de constater que les malfaiteurs que le couvre feu avait empêché de commettre leurs vilenies se sont rattrapés occasionnellement. Ces actes risquent de mettre en faillite les entreprises et d’empirer le malaise social car ces entreprises satisfont nos besoins. Par exemple, une micro entreprise saccagée risque de chuter et ne pas pouvoir se relever.

En quatrième lieu, de nombreuses activités ont été chambardées. Dans le but de se prémunir contre la violence, certains ont préféré arrêter temporairement leurs activités. Par exemple, les écoles ont été fermées pour une durée de sept jours afin de mettre les apprenants et les enseignants à l’abri de toute violence.

En cinquième lieu, cette révolte a permis à l’État sénégalais de mieux tenir en compte les problèmes et le malaise existentiel que surmontent les sénégalais quotidiennement car des cris de cœur ont été exprimés dans le but d’être résolus. Par exemple, les images des manifestants barbotant des produits alimentaires ont permis de constater l’accès difficile au manger. De plus, la révolte a permis à la jeunesse de s’exprimer, de montrer sa force et de s’affirmer afin d’être mieux considérée.

En sixième lieu, la démocratie a été fortifiée. En effet, la révolte a redoré le blason de la démocratie. Le peuple s’est garanti la démocratie dans le futur, la souveraineté sienne. C’est une prévention contre toute violation de la démocratie. Ainsi, le flambeau de la liberté est porté haut avec une  grande détermination. Par exemple, des jeunes ont mis en gage leurs vies pour leur patrie, animés de fibres patriotiques.

En somme, ces émeutes ont eu des conséquences négatives comme les pertes en vie humaine, les destructions des biens publics et privés, la perturbation de plusieurs activités mais aussi des conséquences positives à l’instar de la prise en compte des besoins de la population par l’État, l’affirmation de la jeunesse et la sauvegarde de la démocratie. De ce fait, il est judicieux de proposer des solutions salvatrices.

 Premièrement, une bonne gouvernance avec transparence, éthique, honnêteté et foi est souhaitable et attendue de la part de l’État. La population électrice mérite une bonne gestion de leurs biens confiés à l’État. Les autorités étatiques doivent prioriser l’intérêt général en mettant en marche des politiques pertinentes en réponse à la demande sociale. 

Deuxièmement, les hommes politiques doivent respecter leurs promesses faites durant les campagnes électorales vis-à-vis des électeurs. En effet, le respect de ses promesses une fois au pouvoir rassure la population, crédibilise les dirigeants et leur permet de garder la confiance des électeurs. Par exemple, la plupart des électeurs sont déçus par les hommes politiques une fois au pouvoir, ainsi ils regrettent leurs choix lors des élections et perdent espoir.

Troisièmement, l’État est obligée d’être auprès de sa population, d’être au courant de leurs problèmes et de les tenir en compte dans ses actions. La mission primordiale de l’État est d’être au service du peuple. Ainsi l’État sénégalais doit solutionner avec diligence les problèmes de la population notamment l’accès difficiles aux services sanitaires, le chômage des jeunes,  les problèmes liés à l’éducation, la cherté des denrées de première nécessité, le coût élevé des factures d’électricité et celles d’eau. Par exemple, le chômage des jeunes peut être résolu par la création d’emplois mais surtout par la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes.

Quatrièmement, l’État sénégalais doit mettre la jeunesse au cœur de sa politique car elle constitue la majorité de la population. Les jeunes doivent être insérés dans les instances de prise de décisions pour décider avec responsabilité. Au Sénégal, les jeunes sont minoritaires dans les institutions politiques. On note une faible représentativité des jeunes à l’assemblée nationale sénégalaise comme dans les ministères. La jeunesse a envie de voir des jeunes de dix-huit ans porteurs de voix défendre les intérêts de la population à l’Assemblée Nationale. Les jeunes de dix-huit ans se sentent exclus de la politique. Cette loi régissant l’âge minimum du député sénégalais à vingt cinq ans ne nous arrange en rien et nous souhaitons qu’elle soit changée. Les messages de la jeunesse ne peuvent être portés que par les jeunes, sans intermédiaire. Chers dirigeants, prenez comme exemple le Président KAGAME qui a nommé un jeune de dix-neuf ans comme Ministre des Nouvelles Technologies et du Développement. C’est un bel exemple pour tous les pays africains et redonne espoir à la jeunesse africaine. Chers dirigeants, activez l’intelligence et la créativité de la jeunesse africaine, elle est pleine de potentiels, avertie, mature et patriote. C’est cela que nous attendons de votre part. La jeunesse est l’or de la nation, elle brille et luit, ayez confiance en elle.

Cinquièmement, le Sénégal est une république. Du latin << res publica >> (chose publique), la république est considérée comme un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui exerce le pouvoir politique directement ou par l’intermédiaire de représentants élus. Puisque le peuple est souverain, le respect de la démocratie est fondamental. L’État doit garder saine et sauve la démocratie et ne doit en aucun cas la violer pour garantir la stabilité politique. La démocratie c’est laisser le dernier mot au peuple, c’est respecter la constitution et surtout promouvoir la liberté d’expression qui peut engendrer des opinions divergentes. 

<< Comme l’Homo sapiens est un mammifère plus, la république est la démocratie plus. Plus précieuse et plus précaire. Plus ingrate, plus gratifiante. La république, c’est la liberté, plus la raison. L’État de droit, plus la justice. La tolérance, plus la volonté. >> dixit Régis DEBRAY dans Êtes-vous démocrate ou républicain ?

Sixièmement, le civisme, le patriotisme, la civilité sont des valeurs qui doivent être inculquées aux enfants dès le bas âge afin qu’ils deviennent de jeunes citoyens accomplis dans le futur. Il est bon de réclamer ses droits mais mieux vaut accomplir ses devoirs envers la nation d’abord. Être imbu de civisme, de patriotisme et de civilité permettrait d’être dévoué au bien commun de la nation, défendre ses droits sans détruire les biens publics. Par exemple, un jeune patriote qui manifeste pour défendre l’intérêt du peuple poliment et intelligemment sans abîmer les propriétés publiques est un bon citoyen.

En définitive, les émeutes qui ont eu lieu dans le pays ont des causes diverses, des conséquences positives et négatives et peuvent être prévenues dans le futur grâce à l’adoption de certaines mesures. Nous pensons qu’elles ne sont que les cris d’une population qui a tant bravé avant de s’écrier. Il faut beaucoup de courage et de compréhension pour décoder les messages lancés par la population à travers ces émeutes. L’État sénégalais doit diligemment réagir dans la positivité pour l’intérêt de la population sénégalaise. Nous partageons tous une et indivisible nation qui est le Sénégal. Il est un havre de paix, le Sénégal, nous devons éviter la violence destructrice. Faisons en sorte que les couleurs de la nation rayonnent et retrouvent leur éclat. Un pays peut-il prospérer dans la violence ? Ne sommes-nous pas tous des frères et des sœurs partageant la même mère qui est le Sénégal ?

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